LE RESTE DU TEMPS

 

"Il est le petit d'un merveilleux étalon
Il est le poulain d'une jument pleine de lait
C'est le petit d'un étalon de bonne race
C'est le poulain d'une jument de l'
uurga"

Littérature orale mongole (Louange du premier)

 

Les conditions existentielles du cheval en dehors de l'activité équestre proprement dite sont importantes car elles influent sur sa disponibilité générale et donc sur sa capacité à recevoir un apprentissage dirigé. L'apprentissage naturel, lui, ne cesse jamais; il n'est pas de moment où le cheval n'apprend pas quelque chose, où les informations qu'il reçoit ne soient pas sans influencer le comportement du moment présent et celui à venir.

C'est aussi pendant ces périodes que l'animal juge l'homme, à son contact direct mais aussi à distance. Vos gestes, votre attitude proche ou lointaine, vos intonations de voix, votre comportement avec les autres animaux, tout cela est observé sans que vous vous en doutiez; il est donc inutile de feindre avec le cheval, on perd ainsi aussitôt sa confiance.

TISSER LE LIEN

L'utilisation proprement dite de l'animal c'est à dire le travail, l'entraînement, la compétition etc. nécessite des rapports réciproques codifiés, discipline oblige! A côté de cela, le reste du temps, il n'est pas interdit de laisser parler une voix un peu plus naturelle, affective, dictée par les sens de chacun. Le but est de tisser un lien solide et invisible en se passant de tout appareillage matériel (licol et longe, sucre, aide d'un tiers, espace restreint) afin d'enrichir le contexte relationnel animal-humain. Le cheval, lui, connaît très bien ce langage silencieux, il ne connaît même que celui-là.

Le premier signe d'établissement du lien est l'attirance qu'éprouve le cheval pour l'homme lorsqu'il est séparé de ses congénères et en dehors de toute idée de quête de nourriture; l'animal polarise alors son écoute sur la présence humaine et attend un signe de rapprochement, une invitation au jeu, ou quoi que se soit qui le conforte dans sa position de protégé. Lorsque le lien est bien en place, l'homme peut, par exemple, aller chercher l'animal au pré sans licol, le panser et l'harnacher en l'absence de tout moyen d'attache. Si ce type de relation se révèle impossible à obtenir, c'est que quelque chose ne va pas. Ce simple test permet de vérifier le degrés de confiance que vous porte le cheval sans pour autant être un signe de soumission et cela est heureux.

FAMILIARISATION AVEC L'ENVIRONNEMENT

Apprentissage naturel
La méthode consiste à aménager l'environnement direct du cheval (le box, le parc, les alentours) pour qu'il s'habitue à divers objets, bruits ou situations qui risqueraient de le perturber ou de lui faire peur pendant le travail, en promenade, en concours etc...

Apprentissage dirigé

Il s'agit là d'apprendre au cheval à dominer sa peur au cours de véritables leçons dirigées. Le cavalier randonneur axera par exemple une promenade sur le fait de déplier une carte en selle ou de revêtir son imperméable jusqu'à ce que sa monture n'y fasse plus attention. La leçon peut aussi se dérouler sous forme de jeu en liberté dans un manège ou une carrière.

Les deux approches sont complémentaires mais la seconde réclame une compétence certaine et est à proscrire tant que le lien n'est pas établi sous peine de voir l'effet contraire se produire: celui de rendre l'animal sur l'oeil.
En apprentissage naturel, le cheval "baigne" dans la situation et y fait face seul plus ou moins rapidement.
En apprentissage dirigé, le laps de temps accordé au cheval pour se dominer est très court et si la séance ne se termine pas sur un net progrès l'effet en sera négatif.

Recommandations
Lorsque un apprentissage dirigé est nécessaire cela veut dire qu'il faut rattraper tant bien que mal une éducation mal dirigée par le passé: mise en confiance inexistante, interventions trop rares pendant les jeunes années, mauvais traitements, hyperconditionnements (trotteurs, galopeurs), laxisme, inexpérience... Il vaut mieux, en regard de ces cas encore trop fréquents, être assuré de démarrer sur de bonnes bases c'est à dire intervenir sur des animaux jeunes qui bénéficient encore du temps et des dispositions nécessaires à l'exploration, au jeu et à la découverte de l'environnement.
Concernant les sujets adultes, il ne faut pas oublier, lors de la décision d'achat, de tenir compte des qualités mentales et de mettre à profit une période d'essai pour les explorer.

A SUIVRE...

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