DANS LES COULISSES DU CHEVAL

Pourquoi me suis-je toujours posé des questions à propos du cheval?
Par exemple : comment fait-il pour supporter toutes mes facéties?
La réponse m'est apparue peu à peu, chaque jour de façon plus certaine : il ne les supporte pas.

Vous connaissez l'histoire de la machine en panne de laquelle on retire tout un tas de pièces et qui finit par fonctionner - le cheval c'est comme ça!
L'Indien d'Amérique s'appropriant la monture équipée d'un Blanc, a eu tôt fait de jeter la bride aux orties!

Moins rapide que l'Indien, j'ai pas mal insisté avant d'évacuer matériel, leviers, poulies, techniques, trucs, croyances, idées fausses, remèdes, conseils de pros, bouquins officiels... plus quelques relations.

Ce n'est pas faute de n'avoir pas cru mon prochain car j'ai toujours écouté avec attention mes maîtres de stages et autres moniteurs expliquant des méthodes ayant chacune leur maxime (en avant, calme, droit...) et qui se perdent dans la nuit des temps de l'histoire de l'équitation.
Leur discours tenait mais leurs prestations équestres n'étaient pas celles décrites ou appartenaient toutes à un passé de cmpétiteurs aussi brillant qu'invérifiable. Dans la discipline dite "Dressage classique" je n'ai rencontré (et vu de mes yeux) que deux personnes capables de démontrer en selle leurs affirmations.

Le "Dressage" a, en principe, pour avantage de fournir des bases équestres essentielles au cavalier (qui saura ainsi gymnastiquer correctement sa monture), mais en pratique vous vous retrouvez très vite prisonnier d'une spécialisation équestre qui ne vous servira à rien d'autres qu'à exécuter impéccablement des figures de manèges imposées sur des montures routinées.
Pour le débutant aucunes ouvertures donc : vous ferez du saut d'obstacle, du concours complet, de l'endurance, des jeux équestres, de la rando, des courses... mais simplement du cheval jamais!

Dès le départ, quelque chose cloche car l'élevage est lui-même à part, comme une discipline. En fait, "éleveur"veut dire, en France, "naisseur"; les poulains vont ensuite chez les pros des spécialités citées plus haut. C'est ainsi que beaucoup de cavaliers débutants dégrossis se retrouvent un jour propriétaire d'un jeune Trotteur (bien brave mais ça surprend!) ou d'un vieux cheval d'école ou de concours (qui mériterait bien du repos!). Dans beaucoup de cas heureusement il leur reste quand même un animal très intéressant à s'occuper par ailleurs.

Achetez un cheval, vous devenez automatiquement son éleveur. Pour un chien, un chat, un canari, un poisson rouge, un boa, c'est idem, à moins que ces animaux ne soient en fait pour vous que des jouets, des objets de sublimation, de mode. Là se situe toute la différence entre les gens qui aiment et respectent l'animal et ceux qui aiment simplement un "faire-valoir".
Cette deuxième catégorie de personne est de loin majoritaire en nombre mais on doit discerner les sincères (par ignorance ou désinformation) des profiteurs. Un turfiste amateur prétendra"aimer le cheval", le lad et l'entraineur vous diront la même chose ; en réalité ils participent tous les trois à organiser la vie pénible (le terme est léger) du cheval de course, avec divers degrés de responsabilité morale*.

*Si l'on voulait parcourir toute la chaine des acteurs impliqués dans les courses, les corridas et autres palios nous n'en finirions pas. On me rétorque à chaque fois que le fait de manger de la viande me fait être complice de l'abattage organisé et bien triste de milliers de bovins. Bien sûr, mais d'abord je n'en mange pratiquement plus et ensuite cela ne constitue pas une distraction, un loisir.
Je crois qu'il s'agit d'une question de sensibilité, d'évolution de l'éducation humaine et, qu'à terme, ces pratiques disparaîtront.

Il faut donc savoir que l'amour du cheval ne revêt pas la même signification pour tous; par conséquent, juger la pratique équestre depuis le terrain des passions n'amène aucune conclusion satisfaisante.
Très récemment un nouveau point de vue est apparu. Issu de l'approche éthologique (autrement dit scientifique) du comportement animal, il révèle que le cheval n'est pas bête et qu'une véritable communication est possible avec lui. Cette évolution a été salutaire puisqu'avec elle sont apparus de nouveaux "gens de chevaux" soucieux d'éthique et de progrès continus. On a donc aujourd'hui deux populations de cavaliers : les détenteurs d'un savoir nouveau et les traditionnalistes enfermés dans des impasses. Mais encore une fois, la donne n'est pas aussi simple qu'elle n'y paraît car la méthode éthologique est présentée comme facile, accessible à tous et pour ne pas dire miraculeuse. Il n'en est rien car à l'empirisme en vigueur doit succéder à présent une méthode rigoureuse.
Parmi les travers constatés lors de l'éducation du cheval, on note l'incohérence des actions menées, la précipitation ou l'impatience qui fait sauter des étapes essentielles, le manque de préparation et l'insuffisance de l'observation... or, il n'y a aucune raison pour que ces comportements humains cessent car ce sont justement des comportements* (des habitudes). Voilà pourquoi il est si justement dit qu'il n'existe pas au départ de chevaux à problèmes mais des cavaliers à problèmes.

*La première question à se poser face à un problème équestre est "qu'ai-je fait qui ne va pas?" Le dresseur doit apprendre à s'observer lui-même afin de prendre l'habitude d'agir au lieu de réagir.
Les accès de colère, par exemple, ont un effet désastreux. Sur le terrain, on voit de tout. Cela part de la gifle jusqu'au coup de pied dans le flanc; en selle on préfère plutôt cisailler violemment la bouche ou verrouiller brutalement mains et jambes. Je comprends ces actes car j'en ai quelquefois été l'auteur à mes débuts; heureusement le remord et le mal-être que j'ai éprouvé de suite après les avoir commis font que j'ai entrepris un véritable combat contre moi-même pour ne plus jamais agir de la sorte. Ces comportements néfastes découlent d'une incapacité à résoudre un problème récurant : un animal révèle votre impuissance et vous signifie son désaccord alors que vous êtes sensé être le maître! Tant que vous éprouverez ce sentiment sachez que vous aurez encore beaucoup de chemin à faire... avec les chevaux et dans la vie.

J'ai tout d'abord pensé que de faire du Cheval son métier amenait nécessairement des contraintes peu compatibles avec une action sereine, dégagée de tout impératif et en particulier de celui du temps. Mais force à été de constater que beaucoup de professionnels arrivent à concilier éthique et objectif. A présent, je crois plutôt la compétition (et non le sport) fautive de détourner à son profit notre considération pour l'animal cheval. Comme elle est présente même au tout début de l'enseignement équestre, elle ne fixe pour but que la performance mesurable, étalonnée. On présente aux cavaliers une hauteur, une longueur, un temps à dépasser. On leur montre aussi des gravures reproduisant des postures (ah! le cheval placé!) à rechercher, qu'importe le moyen, sans leur en expliquer la finalité.

Même lorsque les critères de jugement sont très stricts (incluant même un contrôle éthique ou sanitaire) on n'empèchera jamais les abus en coulisses, à l'entraînement. C'est à ce moment là que tout se passe. Entre les quatre murs des manèges ou des boxes, en employant "un certain matériel" ou en ouvrant "une certaine pharmacie" délivrée par "par certains vétérinaires*". La tendance continue de s'accroître et elle gagne à présent le champs du particulier qui, lui aussi, ne recule devant rien pour tenter d'émerger du lot.

*Il s'agit souvent de produits analgésiques locaux puissants. Le cheval ne sent plus sa douleur et participe plus volontiers à l'effort jusqu'au moment où... ça casse. Même si complaisance des vétérinaires n'atteint pas toujours le niveau de l'illégalité, ils ne peuvent pas feindre d'ignorer l'origine de toutes les pathologies d'effort qu'ils ont à traiter. Jamais je n'en ai entendu un mettre en cause par exemple l'absence d'entraînement ou la mauvaise qualité de celui-ci; s'il le faisait le propriétaire de l'animal ne s'adresserait plus à lui.

Parfois la presse équestre aborde des problèmes bien réels à l'occasion de scandales révèlés publiquement et recueillant l'approbation générale (transport des chevaux de boucherie, animaux de laboratoires, vols, etc.). Par contre il ne faut pas compter la voir parler de sujets susceptibles de mettre mal à l'aise le lecteur directement. Les journaux sont des outils de promotion : ils vantent, habillent la réalité et recherchent plutôt la nouveauté que le progrès. Certes, on y parle des "nouveaux maîtres"* mais ces derniers en côtoient d'autres dont on vante aussi les méthodes alors qu' elles sont parfaitement contradictoires dans leur esprit., leur essence.

* Quand je pense aux siècles qu'il a fallut pour voir se dégager une dizaine de grands Maîtres Classiques, je suis un peu étonné de voir des "Nouveaux Maîtres" éclore un peu partout en Occident. On rencontre aussi leurs disciples dans les petites annonces, se faisant appeler plus modestement "chuchoteurs". Le temps (et les chevaux) aura bientôt fait le tri.

En éthologie l'observation est directe, rigoureuse et débarrassée de toute influence parasite qui risquerait de fausser l'interprétation du comportement de l'animal. Ceci est très important et la véritable connaissance du cheval a longtemps pâti de méthodologies d'étude mal dirigées. Les déductions étaient rapides et réductrices, certains termes (intelligence, instincts...) voyaient leur sens galvaudé. Malgré ces imperfections les manuels de psychologie équine ont quand même aidé à mieux comprendre le cheval.
L'éthologie est donc aujourd'hui un gage de sérieux pour nous faire progresser dans la compréhension de la communication animale (entre les animaux).
Mais il ne faut pas perdre de vue que le cheval (à travers l'équitation) est un cas à part. Ce sont toujours de simples cavaliers (très doués) qui amènent les plus grand progrès et non des chercheurs. Le scientifique se doit d'occulter ses sentiments alors que le cavalier doit les exprimer et faire preuve d'empathie. Le scientifique généralise sur chaque espèce alors que le cavalier exploite et recherche l'individualité. Le scientifique voit, le cavalier ressent.
Il n'y a qu'à voir l'exemple de Percival : il est à la fois triste et comique de voir que l'on ai tenté de reproduire à l'aide de quelques vérins la biomécanique du cheval et de remplacer son cerveau par un programme informatique (tout cela est présenté à Saumur!).

Je rencontre parfois dans mon métier (qui n'est plus l'équitation) des personnes qui me parlent des chevaux et je suis surpris par la durabilité de certaines croyances ou par l'image commune du cheval qu'ont les non initiés.
En voici un petit palmares :

- le cheval à beaucoup de mémoire (pour toute intelligence)
- il voit l'homme (et le monde) très gros et c'est pour cela qu'il est craintif (entendu aussi à la radio!)
- il ne faut jamais passer derrière un cheval
- l'alezan est une race de chevaux (parfois l'étalon ou encore l'hongre)
- il doit être "dompté"
- on ne le ferre qu'une fois pour la vie
- il faut bien appuyer sur les étriers pour tenir en selle
- l'équitation est mauvaise pour le dos (du cavalier malheureusement)

J'ai aussi entendu de la part de cavaliers :

- le cheval doit avoir un dos musclé pour bien porter
- il n'y voit pas devant lui
- il est naturellement moins souple à droite qu'à gauche
- le noeud spécial d'attache est fait pour le détacher rapidement lorsqu'il tire au renard
- l'extension d'encolure est vers le bas
- un mors de filet à gros canon est moins blessant pour les jeunes chevaux
- on punit devant l'obstacle un cheval au refus
- l'appui sur le mors peut constituer une cinquième jambe
- le jeune cheval doit apprendre la sensibilité...

Je vais reprendre une à une ces affirmations et y apposer mon point de vue. Certaines me font sourire; elles sont nées de la déformation populaire progressive d'une vérité de base et ne prêtent pas à conséquence. D'autres, en revanche, sont plus graves parce qu'issues de raisonnements logiques (et séduisants) en apparence alors qu'en réalité ils frisent l'absurde et produisent un résultat dramatique sur le cheval.

Le cheval à beaucoup de mémoire.
C'est enfoncer une porte ouverte que de l'affirmer!
Le cheval à la mémoire de ce qui l'intéresse pour vivre. Il faut entendre par là ce qui lui procure un certain bien-être, ou au contraire ce qui lui cause du désagrément. Comme chez beaucoup d'êtres vivants (l'homme y compris) ces différents états physiologiques sont ressentis viscéralement et sont donc très peu contrôlables. Entre les deux sensations extrèmes (douleur - plaisir) il y a l'état de repos (prélude à la disponibilité).
Si quelqu'un vous demande : le cheval est-il intelligent ou bête? Répondez-lui : et toi? La question, tout comme celle de la mémoire, ne peut être posée dans ces termes. Personnellement, je ne me la pose même plus. Arguer la "bêtise animale" est révélateur d'incompétence ou plus simplement d'ignorance. L'étude des comportements est une science qui à ses prix Nobel (Tinbergen, Lorenz...); il faut faire l'effort de les lire et de les relire (la première fois ce n'est pas facile!) si on travaille de près avec les animaux. En plus de notions fondamentales, les ouvrages d'éthologie nous apprennent à observer avec une grande rigueur et cela est très utile une fois sur le terrain.

Le cheval voit l'homme plus grand qu'il n'est.
Il serait impossible de vivre ou d'évoluer physiquement dans un environnement déformé par la vue; mieux vaudrait être aveugle. Beaucoup d'animaux ne voient pas comme nous mais la différence réside dans l'acuité , dans le champ de vision ou dans la perception du spectre des couleurs.

Il ne faut jamais passer derrière un cheval.
Ce n'est pas un bon conseil car il déforme la réalité et induit une fausse image de l'animal.
L'humain doit simplement apprendre à évoluer dans la proximité du cheval en fonction du moment et de l'activité qu'il accomplit. De plus, la crainte injustifiée de la ruade est perçue de façon suspecte par certains chevaux qui deviennent à leur tour méfiants.

L'alezan est une race de chevaux, le hongre aussi.
Non, il s'agit d'une robe avec une multitude de variantes possibles.
Le terme "palomino" par contre, peut désigner une race et par extension la robe qui lui est particulière.
Le hongre quant à lui est un cheval castré.

Le cheval doit être dompté.
Ce verbe évoque une soumission et surtout une forme de contrainte qui ne convient pas pour désigner une méthode moderne d'éducation. Selon moi, de la même façon, dire qu'un cheval est dressé est aussi devenu "limite" car il évoque cette fois-ci une trop grande rigidité dans les acquisitions.

On ne le ferre qu'une fois dans sa vie.
Je concois qu'il faille bien apprendre un jour qu'une nouvelle ferrure est nécessaire tous les mois et demi environ, mais j'en connais certains qui ne l'on découvert qu'une fois devenus propriétaires... et il était déjà bien tard!

Les étriers servent à tenir en selle.
C'est la déduction naturelle qui vient à l'esprit du non cavalier. Ce n'est pas tout à fait vrai... ni tout à fait faux. Le cavalier ne s'appuit pas sur les étriers (hormis si il monte "en suspension"). Ceux-ci recoivent uniquement le poids des jambes, les reposent et aident à leur positionnement sans que cela dérange par ailleurs l'attitude du haut du corps.Il arrive quand même que les étriers confortent l'équilibre si le cheval à des mouvements brusques ou désordonnés.

L'équitation est mauvaise pour le dos du cavalier.
On peut presque affirmer que c'est tout le contraire. L'acquisition d'une bonne position en selle passe par une certaine dynamique du buste du cavalier et l'oblige donc à acquérir une bonne musculature de maintient du haut de son corps. Mis à part dans le cas de pathologies ou de malformations assez lourdes, l'équitation fait du bien au dos.
Il y a des personnes qui pensent qu'un cavalier "tape"nécessairement des fesses dans la selle et que par conséquent le dos doit s'en ressentir. Cela arrive parfois au début par manque de coordination avec le cheval ou si on est trop contracté mais c'est le cheval qui en garde un mauvais souvenir.

Le cheval doit avoir un dos musclé pour bien porter
Le cheval n'est pas physiquement orienté pour porter du poids sur son dos (par contre, il est apte à les évacuer!). Il a besoin d'une préparation physique et mentale pour devenir une monture. Si le cavalier repose sur son dos, ce n'est pas ce dernier qui doit seul être correctement musclé. La solidité d'un pont ne repose pas sur l'épaisseur du tablier, mais sur son profil, ses piliers et ses moyens de tension qui lui servent de réponse à la charge.

Il n'y voit pas devant lui.
Il y a un espace aveugle directement devant le chanfrein, mais l'homme commun voit-il son nez? De plus la mobilité de la tête remédie à parfaire un angle de vision suffisant.

Il est naturellement moins souple à droite qu'à gauche.
Le cheval est latéralisé comme l'humain, gaucher ou droitier, mais il s'agit plus d'une question d'habileté que de souplesse. Ce qu'il ne faut pas, c'est que la latéralité du cavalier accentue celle de sa monture ; tout les deux doivent faire des exercices pour rétablir l'équilibre. Les chevaux dit "raides" d'un côté sont en réalité contractés ou malhabiles. Si les exercices de flexions sont indispensables, il est aussi très important d'éduquer l'animal dès le début aussi bien par le côté droit que le côté gauche - on pourrait nommer cela l'éducation de l'oeil.

Le noeud spécial d'attache est fait pour le détacher rapidement lorsqu'il tire au renard.
Le noeud spécial d'attache peut servir à libérer rapidement le cheval bien sur, mais dans la cas ou il tire au renard le noeud sert à éviter d'avoir à couper la corde pour la dégager (parfois cela n'est même plus possible). Quant un cheval tire au renard, on doit le renvoyer énergiquement vers l'avant puis le calmer. Auparavant, il faut avoir fait le choix du "tout très solide" (barre, anneau, longe, mousqueton, licol) ou du "tout libre" (cheval responsabilisé) : entre les deux, vous risquez l'accident grave.

L'extension d'encolure est vers le bas.
La flexion (longitudinale) de l'encolure se passe vers le bas, l'extension vers le haut. La fréquente confusion vient dufait que le cavalier peut demander au cheval d'étendre l'encolure depuis sa base vers le bas (il est en flexion) et en même temps d'ouvrir sa nuque (les cervicales hautes sont en extension). En position de Dressage académique, le cheval dit "placé" ramène sa nuque en flexion (le ramené) alors que la base de l'encolure est en extension (port haut), l'engagement de l'arrière-main est alors nécessaire pour compléter la tension de l'arc vertébral; sans cela , pas d'impulsion possible. En équitation Western, pas besoin de ramener la nuque, l'engagement accru de l'arrière-main (car le cheval le peut) et la flexion basse de l'encolure suffisent à une bonne tension du dessus.

Un mors de filet à gros canon est moins blessant pour les jeunes chevaux.
Le cavalier qui dit cela à la main dure; il semble indiquer qu'un mors fin est "sciant" alors qu'un gros l'est moins!
Non, le confort de la bouche est primordial pour la décontraction de la mâchoire et les filets fins et légers permettent une équitation fine et légère... mettez-vous un peu à la place du cheval!

On punit devant l'obstacle un cheval au refus.
C'est un spectacle assez pénible à voir d'autant plus qu'inutile. Il me semble que la cause d'un refus est toujours imputable au cavalier (dans cette situation, ça a toujours été mon cas) et qu'il faut calmement revoir les choses beaucoup plus en amont. Si le cheval a dit "non" c'est qu'il s'est senti en danger, donc pas en confiance, et une sanction à ce moment-là est bien malvenue!

L'appui sur le mors peut constituer une cinquième jambe.
Il faudrait plutôt parler de béquille! On a alors affaire à un cheval pesant, désengagé, soit la négation de l'équitation. Parlons plutôt d'un contact permanent par où transitent des informations. On assiste pourtant très souvent à un rééquilibrage par la main à l'abord de l'obstacle; ce n'est pas beau et démontre surtout un manque d'implication du cheval dans le geste du saut... équitation chronomécanique!

Le jeune cheval doit apprendre la sensibilité.
Un jeune cheval est naturellement très sensible et on a tout intérêt à préserver cette qualité en vue de la communication par des aides les plus fines possibles. Mais tout peut-être très rapidement gâché par l'absence d'éducation ou par des manipulations inappropriées qui provoquent diverses résistances (elles aussi naturelles et prévisibles). Pour l'élévage, par contre, il est bon de désensibiliser le poulain très jeune pour tout ce qui touche à sa manipulation pour les soins. Il existe des méthodes à l'exemple de celle du Dr. Miller qui sont très efficaces à conditions d'être bien conduites à leur terme par des personnes expérimentées : en effet, mal menées, elles provoquent l'effet contraire... une hypersensibilisation.

(à suivre bientôt... et si vous pensez que je me trompe sur un sujet, n'hésitez pas à m'exposer votre avis!)