LE CHEVAL DANS LA B.D.


GRIPOIL se tourne maintenant vers ses congénères en représentation dans la bande dessinée. Tour à tour héros, second rôle ou simple figurant, le cheval, là aussi, parvient à séduire son spectateur et en premier son père : le dessinateur.
Il est facile pour un lecteur-cavalier de discerner les auteurs qui connaissent bien l'animal de ceux qui l'appréhendent approximativement. Pour cela il suffit de regarder le dessin sous trois aspects révélateurs : le physique, la psychologie prêtée à l'animal, le matériel de harnachement. Cette petite analyse réserve souvent quelques surprises du style de "la monture hennissant de douleur alors qu'une flèche l'atteint (très courant au cinéma)...

JOLLY JUMPER que nous retrouvons ici en premier, a presque fini par voler la vedette à Lucky Luke au fil des aventures. Animal surdoué, il intervient très souvent par la parole, soit pour communiquer avec ses congénères, soit pour traduire sa pensée du moment.
C'est à tout point de vue une réussite, une véritable création, présente pour l'éternité dans notre culture BD.


SABOT est le mustang du Sachem dans les histoires de "LA TRIBU TERRIBLE". Dans cette BD, tous les personnages sont de premier plan et Sabot n'est pas le moindre. Il passe paisiblement ses journées à brouter la grande prairie, sauf les fois où il lui faut mener son cavalier à la bataille, situation qu'il essaye d'éviter par tous les moyens. En fait il ne possède aucune des qualités mentales et physiques nécessaires à sa fonction. Il est lâche et ses pieds semblent être là pour le maintenir cloué sur place. A l'inverse de Jolly Jumper, il est l'anti-héros de la gent chevaline. C'est à ce titre qu'il a grandement participé au succès en France de la Tribu Terrible puisque cette BD a dû franchir l'Atlantique avant de venir nous régaler.


Dans Tintin, le cheval est du genre "anonyme". Nous voyons ici une monture semble-t-il en double rênes mais à bien y regarder une des paires repose sur l'avant du garrot. Quant au niveau de l'embouchure, son modèle reste assez vague.
Tintin mérite plutôt notre intérêt du point de vue de la pratique équestre au moins à deux reprises par le côté comiques des situation décrites :
- Tintin s'essayant à la pratique du lasso (Tintin en Amérique).
- Une séance de voltige en ligne droite improvisée bien malgré lui par le capitaine Haddock (Coke en stock). Jubilatoire.


Si nous voyons peu Astérix et Obélix en selle, le cheval est bel et bien présent dans beaucoup d'albums. Uderzo n'a pas son pareil pour donner une expression physique comique aux animaux (même aux sangliers!) et le cheval n'échappe pas à la règle.


Voici une image tirée du "Gipsy". Tout y est très beau et soigné avec une action continue. Ici l'expression du cheval est vraiment au plus juste.


 

Chaque scène du "Mercenaire" est un tableau fantastique. Les montures y sont plus souvent de gros lézards ailés que des chevaux tels que celui représenté ici avec un dénommé "Georges" sur son dos.


Rien n'est laissé au hasard avec "Jonathan Cartland" et surtout pas les détails liés au chevaux. Qui a remarqué que la monture au premier plan est pourvue d'un bosal?


Les chevaux y sont comme les personnages: uniques. Cette image appartient bien sûr aux "Pieds Nickelés" et date d'une édition de "l'Epatant" de 1913. Louis Forton en est le dessinateur.


Buddy Longway mérite une place privilégiée dans cette petite galerie. Nous voyons ici deux images intéressantes : tout d'abord un Indien dont la monture porte en guise bride une simple corde passée autour de la mâchoire inférieure, et ensuite des sabots en gros plan qui ont bien la forme de sabots non ferrés (leur arrondi n'est pas régulier). DERIB, qui tient le crayon, connaît son sujet.


Teddy Ted et son compagnon Stormy. Regardez comme il en s'en occupe bien : il lui laisse le tapis un moment après avoir dessellé.
Le dessinateur s'appelle aussi Forton;
Décidément un nom prédestiné!


Voici Horace "le cheval de l'ouest" qui ne cesse de faire tourner son cavalier en bourrique dufait de ses multiples facéties; il va même jusqu'à se faire porter par lui.
Son dessinateur est Poirier et ses aventures sont parues (à l'époque) dans Pif Gadget.


Ici, un cheval dessiné approximativement.
L'erreur la plus frappante est l'absence des barres (espaces sans dents) au niveau des mâchoires. Cet animal (heureusement fictif) doit donc supporter le canon de l'embouchure entre ses dents.
De plus, le mors est bizarre et on voit mal comment il peut agir ainsi fait.


Les successeurs d'Edgar P. Jacobs ont gardé la même rigueur dans le dessin que leur illustre prédécesseur pour cette "suite" des aventures de BLAKE ET MORTIMER.
Sur ces images ont peut voir que les étriers et la sangle sont soigneusement repliés sur la selle et que le jeune Mortimer intercale son petit doigt entre la rêne de bride et celle de filet.
Le dessinateur est sûrement très bien documenté mais sans doute pas un cavalier car une des images suivante nous montre Mortimer attacher sa monture directement par les rênes à un pilier!


Dans "les tuniques bleues" nous faisons connaissance avec le soldat Blutch et sa monture d'affectation Arabesque. Blutch a dressé Arabesque à simuler un malaise afin de ne pas participer aux charges de la cavalerie. Visiblement, tous deux y trouvent leur compte!


 

Du côté indien, voici Yakari et son poney Petit Tonnerre dont le nom évoque bien l'impétuosité et le courage qui le caractérisent. Dans cette BD nous voyons humains et animaux se parler et vivre des aventures étroitement associées.


N'hésitez à me communiquer un cheval de BD que vous aimeriez voir figurer ici (par exemple Yakari et Les Tuniques Bleues m'ont été gentiment suggérés par Cheval 16, et je l'en remercie).
Gripoil